Prévention de la DMLA, manger pour mieux voir

21 mars 2024

Aujourd’hui, nous nous intéressons à la première cause de malvoyance chez les plus de 50 ans dans les pays industrialisés : la dégénérescence maculaire liée à l’âge (ou DMLA). Cette pathologie représente près de la moitié des cas de perte de vision, bien avant le glaucome, la cataracte ou la rétinopathie diabétique.

Le saviez-vous ?
« En France, 1,7 million de personnes sont atteintes d’un trouble de la vision. »

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est une maladie chronique due au vieillissement de l’oeil qui affecte la zone centrale de la rétine, appelée macula. Progressivement, les personnes atteintes constatent une perte de la vision et la déformation des lignes droites au centre leur champ de vision (voir ci-dessous le test de la grille d’Amsler).

À un stade avancé, la maladie prend deux formes : la forme néovasculaire, ou humide, soigné par injection, et la forme atrophique, ou sèche, pour laquelle il n’existe pas encore de traitements. La DMLA affecte gravement la qualité de vie, et conduit à une perte d’autonomie des patients atteints.

Test de la grille d'Amsler

Facteurs de risque et stress oxydant

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est une maladie issue de facteurs de risque non modifiables (génétique, âge, origine ethnique…) et de facteurs dits modifiables (nutrition, exposition aux UV, tabagisme…). Par exemple, la consommation de tabac augmente le risque d’être atteint de 2 à 5 fois. De son côté, le diabète accélère l’apoptose des cellules rétiniennes, ce qui augmente la formation de dépôts dans l’œil et provoque progressivement la perte de vision chez les patients atteints.

Le diabète en Nouvelle-Calédonie, un défi qui nous concerne tous.

En vieillissant, la protection naturelle du système oculaire faiblit, les yeux sont alors soumis à un stress oxydant plus prononcé.

C’est pourquoi depuis vingt ans, les chercheurs s’intéressent au lien entre nutrition et DMLA. Nous savons aujourd’hui que de nombreux aliments permettent de ralentir la dégénérescence : acide gras (oméga 3), antioxydants (vitamines, zinc…).

Popeye n’était pas seulement fort, il voyait bien !

À défaut de pouvoir guérir, il est possible de prévenir la maladie ou d’en ralentir la progression. La solution : manger des épinards ! (Ou plus précisément les caroténoïdes)

Les caroténoïdes (lutéine et zéaxanthine) sont des pigments présents en grande concentration dans la macula. Ils jouent un rôle essentiel dans la protection de la rétine contre les UVs, mais aussi la lumière bleue. On les retrouve notamment dans les fruits jaune orangé, les agrumes ou les tomates, et surtout dans les légumes à feuilles vertes (particulièrement présents dans les épinards et le chou vert frisé).

La lutéine et la zéaxanthine ne sont pas synthétisées par notre corps, c’est pourquoi nous devons les absorber à travers notre alimentation.

Le saviez-vous ?
« Une portion d’épinards couvre 100 % de nos besoins quotidiens en antioxydants. »

Épinards et bienfaits sur la santé

Les épinards sont bons pour lutter contre la fatigue. Peu caloriques (28kcal/100g), ils ont une teneur en fer de 2 à 3 mg tous les 100g et en vitamine C (39 mg tous les 100g).

Les épinards sont bons pour détoxifier l’organisme. Chlorophylle, fibres et folates aident à réguler le transit intestinal.

Les épinards sont bons pour la mine. Grâce aux bêtacarotènes qu’ils renferment, ils aident à préparer naturellement la peau au soleil.

Les épinards sont bons pour le cerveau, grâce à leur apport en magnésium.

 

Attention toutefois… la consommation d’épinards peut être mal venue :

  • Si vous prenez des médicaments anticoagulants. Dans ce cas, il faut éviter de les consommer en grande quantité, car ils apportent de la vitamine K, un acteur essentiel dans la coagulation sanguine.
  • Si vous souffrez de calculs rénaux. Les épinards sont riches en oxalates, des composés qui peuvent provoquer une crise de calculs.

 

La fin d’un mythe

Enfin, revenons ensemble sur l’origine d’une croyance tenace : celle selon laquelle les épinards donneraient beaucoup de force à celui qui en mange. Cette idée, largement popularisée par la célèbre bande dessinée de E. C. Segar mettant en scène Popeye, repose en réalité sur une erreur de transcription. En effet, Emil von Wolf, un biochimiste allemand qui évaluait le contenu nutritionnel des aliments, s’est trompé d’une virgule en notant le taux de fer présent dans les épinards (27 mg au lieu de 2,7 pour 100g).

Un mal pour un bien qui aura donné aux parents le parfait prétexte pour inciter leurs enfants à consommer le légume vert, réputé pour ses nombreux bienfaits, dont celui de prévenir la dégénérescence maculaire liée à l’âge.